Le collaboratif ne repose pas forcément sur du numérique.

logo-article-4-copy-1« Article 4 », un projet pilote cambodgien de réinsertion pour les prostituées, victimes de violences ou victimes de traite, fournit un bon exemple d’approche collaborative sans appui numérique.

Le projet s’est déployé de 2010 à 2012, et a atteint un taux de réinsertion durable de 35% (contre habituellement 5% dans des projets avec un but similaire).

Le projet utilise des « process utilisateur » et modules, qui permettent aux femmes de nommer leurs difficultés, et de choisir un process adapté pour les résoudre. Le projet a permis le développement d’une vingtaine de modules (analyse psychosociale, travail social, médiation familiale, reconstruction du lien mère-enfant, accès aux soins médicaux, etc.). La méthodologie et les modules ont alors été disséminée au sein des communautés de femmes et transférés à d’autres travailleurs sociaux d’ONG (dont PSE – Pour un Sourire d’Enfant).

La méthodologie repose sur 3 piliers : l’usage de travailleurs pairs (anciennes prostituées, volontaires pour aider les autres et formées aux bases du travail psychosocial), l’intervention de psychologues et de travailleurs sociaux, et l’utilisation de l’importance du lien mère-enfant (pour re-narcissiser les mères et les motiver à se réinsérer).

c10_9638-1A côté de l’approche par les pairs, il est essentiel de mentionner que le commun de connaissances utilisé dans cette approche collaborative a été construit par les utilisatrices elles-mêmes, puis diffusé au sein de ces mêmes communautés. De plus, le projet a été construit selon les principes de la recherche-action et évalué en collaboration avec des universitaires et chercheurs du monde entier (comme des économistes, des psychologues, anthropologues, sociologues, juristes, etc. impliqué en communauté et engagés bénévolement et personnellement, provenant de nombreux pays du monde).

Proximus project : on recrute des bénévoles

Proximus, ou comment le collaboratif transforme l’humanitaire et le social.

Le projet repose sur des méthodes collaboratives, chaque membre donnant le temps qu’il souhaite (de quelques minutes à quelques heures par semaine). Il s’agit d’une approche non-académique, issue du terrain. Le projet est piloté collectivement ; il est la propriété de tous.

Dans la mesure où c’est un projet de recherche, dans un domaine encore mal connu, il n’y a pas de feuille de route clairement arrêtée ; elle doit être définie en commun. Toutefois, la première phase pourrait être constituée par un recensement des projets collaboratifs dans le champ social et humanitaire. L’analyse de ces projets pourrait permettre de voir les contraintes et les facteurs de succès, le cas échéant selon le type de projet. A partir de là, il faut voir comment soutenir de tels projets, et comment partager ce savoir, créant ainsi un commun de la connaissance ouvert à tous.

Pour être une réussite, le projet proximus doit rassembler une base large de bénévoles, si possible du monde entier, et si possible avec une connaissance du terrain (bien que les autres sont aussi les bienvenus pour assurer une diversité).

Si vous êtes intéressés, merci d’envoyer un mail à olivier.lebel@proximus.re (et n’oubliez pas de vous inscrire – voir à droite, ou en bas pour les mobiles et les tablettes).